Mer Plastique
Tidiani N’Diaye

25.05.202320h

Dans Mer Plastique, une procession d’étranges créatures entièrement couvertes d’ordures semble vouloir nous prévenir : si nous continuons à ingérer des microparticules de plastique, nous finirons par devenir plastique nous-mêmes. Chorégraphe à cheval entre Angers et Bamako, Tidiani N’Diaye nous alerte sur le sort des malien·nes qui subissent l’invasion de cette matière dans leur pays.

« Pour les jeunes maliens que nous étions, jouer au milieu des ordures n’avait rien de triste. Les décharges formaient de belles montagnes colorées pleines de pièges qu’il fallait éviter. » Le plastique est tellement ancré dans le paysage de Bamako, ville d’origine de Tidiani N’Diaye, qu’il lui est impossible de le dissocier de ses souvenirs. Décharges à ciel ouvert, montagnes de détritus, rivières de plastique : les paysages qu’il a en tête lorsqu’il pense au Mali sont aussi ceux-là. Pour Mer Plastique, le chorégraphe joue avec cette vision chamarrée de son enfance, et jonche la scène de sculptures et d’installations en détritus, plus douces que terrifiantes. Dans cette pièce, initialement pensée comme une partition déambulatoire dans l’espace urbain, cinq danseur·euses paradent dans des costumes-de-canettes et des costumes-poubelles dessinés par Silvia Romanelli. Cette métamorphose de l’humain en matière plastique met l’accent sur le sort des populations africaines vivant proches des déchèteries sauvages, et condamnées à respirer les vapeurs toxiques des déchets brûlés. Par son travail artistique, comme les actions menées avec son association Copier Coller, Tidiani N’Diaye lance l’alerte et s’impose comme un bâtisseur de ponts, bien solides cette fois, entre Angers et Bamako.

Chorégraphie : Tidiani N’Diaye
Avec : Eric Nebié, Kaïsha Irma Essiane, Souleymane Sanogo, Flora Schipper, Andréa Semo
Scénographie et costumes : Silvia Romanelli
Lumière et direction technique : Hugo Cahn
Création sonore en cours : Jonathan Seilman
Collaboration artistique : Fatou Traoré
Dramaturgie et accompagnement artistique : Arthur Eskenazi
Production et diffusion : Mona-Lisa Raoult

Production : Copier//Coller & SHAP SHAP
Avec le soutien de la Fondation d’entreprise Hermès dans le cadre de son programme New Settings.
Coproduction : Cndc – Angers, Le Grütli Centre de production et de diffusion des Arts vivants Genève, CDCN La Place De la Danse Toulouse, les Ateliers Médicis, le TU Nantes – Scène jeune création et arts vivants, l’Atelier de Paris/CDCN.
Aide à la création : Etat – Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) des Pays de la Loire, Région Pays de la Loire, Département Loire-Atlantique, Ville de Nantes.
Soutien : Loterie Romande, Fondation Ernst Göhner, SIG.
Accueil Studio : Honolulu Nantes.

Avec le soutien du dispositif Voisinages de la région Pays de la Loire.

Après quatre ans de formation dans un centre de danse à Bamako, sous la direction de la chorégraphe haïtienne Kettly Noël, Tidiani N’Diaye obtient en 2009, le premier prix du Bal des Donkelaw organisé par l’Institut français de Bamako et Donko Seko avec sa première pièce Être différent.

Il entre au Centre National de Danse Contemporaine d’Angers sous la direction d’Emmanuelle Huynh en 2011 et obtient le diplôme national supérieur de danseur professionnel et une licence en art du spectacle de l’Université Paris VIII en 2013.
En septembre 2013, il entre au Centre National Chorégraphique de Montpellier au sein du master ex.e.r.ce sous la direction de Mathilde Monnier dont il sort diplôme en 2015. Depuis 2010, il mène des projets entre danse et art numérique.
Tidiani a dansé comme interprète avec la Compagnie Gilles Jobin dans Le Chainon Manquant et la pièce VR_I, la Compagnie Blonba dans Alla te Sunogo et Nelsime Xaba, la Compagnie Dagada dans Grenzland et Qudus Aderemi Onikeku dans We almost forgot.

Il a créé 2009 : Être différent (2009), Naturel Mystique (2015), Moi, Ma Chambre et ma rue (2016), BAZIN (2017) et WAX et Caméléon (2020).