Trajall Harrell

Twenty Looks or Paris is Burning at The Judson Church (L)
Etats-Unis


chorégraphe  Trajal Harrell
interprètes Trajal Harrell, Stephen Thompson, Thibault Lac, Rob Fordeyn, Ondrej Vidlar
scénographie Erik Flatmo
lumières Jan Maertens

son Robin Meier
dramaturge Gérard Mayen

coproduction: New York Live Arts, CNDC Angers, CCN Belfort, and others tba

Twenty Looks or Paris is Burning at The Judson Church est le titre collectif et partagé des cinq danses sur lesquelles Trajal Harrell travaille.

« Qu’est- ce qui se serait passé en 1963 si quelqu’un de la scène du voguing à la mode dans les bals populaires de Harlem s’était déplacé dans le East Village pour danser à côté des jeunes danseurs post-modernes de la Judson Church? »

Au lieu d’illustrer une fiction historique, ces nouvelles pièces transplanteront cette proposition dans un contexte contemporain et un débat qui traitera de la séduction du public. Ce que nous vivons n’était possible ni aux Bals ni à la Judson Church, mais une troisième possibilité se manifeste. Twenty Looks or Paris is Burning at The Judson Church existe en cinq « tailles » : Extra Small (XS), Small (S), Medium (M), aussi connue comme (M)imosa, Large (L), et Extra Large (XL).

La version (L) confronte l’antagonisme post-moderne contre la danse tragiquement dramatique, exemplifiée par les drames mythologiques grecs de Martha Graham, presentant une version dansée  contemporaine 100% masculine d’Antigone de Sophocle. En imaginant une rencontre théorique entre le voguing et la danse post-moderne, l’essentiel du No Manifesto, l’affirmation publiée en 1965 par Yvonne Rainer, est mise au débat. La plupart de ses « Non » deviennent ainsi des « peut-être » : on peut dès lors dire peut-être au spectaculaire, peut-être aux transformations et à la magie des contes de fées, peut-être au prestige et la transcendence de l’image des stars, peut-être à l’acte héroique, peut-être à l’engagement de l’interprète et du spectateur, peut-être au style, peut-être à l’imagerie dite trash, peut-être au camp, peut-être à la séduction du spectateur par les ruses de l’interprète, et peut-être à l’idée d’émouvoir ou d’être ému. Notre seule certitude est la volonté de vouloir affirmer notre  « Oui » à l’héroïque, et nous y ajoutons notre « Oui » au tragique.

Les principaux personnages, y compris Antigone, seront interprétés par cinq hommes, qui exploreront les liens entre le voguing et le théâtre classique grec où tous les rôles, masculins et féminins, étaient joués par des hommes.

Comment faire voguer la pièce Antigone ? Quelles nouvelles significations émergeront de cette opération, quelles nouvelles relations s’établiront avec le public de théâtre contemporain? Et quel aurait été le résultat si l’on avait essayé de voguer Antigone dans le contexte de la Judson Church de 1963 ? Est-ce qu’il y aurait eu un anachronisme qui aurait séparé davantage nos voyageurs de Harlem des nouveaux collègues de Judson ? Ou peut-être en voguant Antigone quelque chose d’esthétiquement plus “Judson” que “Graham” serait crée qui en retour nous donnerait une représentation encore plus fidèle du théâtre classique grec ?

Telles sont les questions que nous nous proposons d’explorer dans notre création. Il n’y a aucun moyen de savoir ce qu’était le théâtre antique, la vidéo n’existait pas encore... reste donc à imaginer les possibilités, et ainsi, peut-être, à questionner les idées que nous avons aujourd’hui sur les genres et la sexualité.

 

Twenty Looks or Paris is Burning at The Judson Church is the collective and shared title of five dances to be choreographed by Trajal Harrell.

"What would have happened in 1963 if someone from the voguing ball scene in Harlem had come downtown to perform alongside the early postmodern dancers at Judson Church?" Rather than illustrating a historical fiction, these new works transplant this proposition into a contemporary context and a debate about seduction of the audience. What we experience was neither possible at The Balls nor at Judson, but a third possibility is created. Twenty Looks or Paris is Burning at The Judson Church comes in five sizes- Extra Small (XS), Small (S), Medium (M), also known as (M)imosa, Large (L), and Extra Large (XL).

The (L) confronts the postmodern antagonism against tragically dramatic dance epitomized by Martha Graham's mythological Greek dramas by presenting an all-male contemporary dance version of Sophocles' Antigone. By imagining a theoretical meeting between voguing and Post-modern dance, much of Yvonne Rainer's 1965 No Manifesto is put into crisis. Most of the nos become definite maybes: maybe to spectacle, maybe to transformations and magic and make-believe, maybe to the glamour and the transcendency of the star image, maybe to the heroic, maybe to involvement of performer or spectator, maybe to style, maybe to trash imagery, maybe to camp, maybe to seduction of the spectator by the wiles of the performer, and maybe to moving or be moved. The only thing we know for sure is yes to the heroic and we're adding yes to the tragic.  

The main characters, including Antigone, will be performed by a cast of five men in an investigation of the links between voguing and the classic Greek theater where men played male and female roles.

Therefore, the central aesthetic questions become: how do we vogue the play Antigone? What new meanings are produced from this operation as well as new relations with the contemporary theater audience? Furthermore, what would it have meant to vogue Antigone in the context of 1963 Judson Church? Would this have created an aesthetic anachronism further dividing our Harlem travelers from these new Judson colleagues? Or maybe by voguing Antigone something closer to Judson aesthetics rather than Graham aesthetic might be created, which in turn gives us an even more “authentic” representation of classical Greek theater? And might this authenticity further problematize the ways in which we have assimilated and re-imagined Judson aesthetics?

These are the questions which we will investigate in our creation. There is no possible way to know exactly what this theater was like. Video did not exist, but by reimagining the possibilities, perhaps we reimagine the notions we have today in respect to gender, class, and sexuality.


du 10 au 17 février et du 19 au 30 mars 2012
ouverture studio le 21 mars 2012 à 19:00
Studio des Abattoirs - CNDC

http://betatrajal.org/home.html