Tauride / création 1992

 

[extrait]

La Nouvelle danse française eut des façons très diverses de mettre en pratique son entrée en résonnance avec son temps. Quand certains chorégraphes cultivèrent les tendances des attitudes, modes de vie et d’expression qui composent l’air du temps, d’autres montrèrent une préoccupation beaucoup plus politique. Ainsi Catherine Diverrès engage la réalisation de sa pièce Tauride à l’automne 1991, alors que la guerre commence d’embraser la Yougoslavie, laissant l’Europe médusée devant la résurgence de barbaries à fondements ethniques sur son territoire. Médusée et par trop passive, considère la chorégraphe, qui en passe alors par Eschyle pour déployer une vision tragique de l’humain, où la danse croise le texte littéraire et philosophique. Chacun de ses onze interprètes s’est projeté dans un héros tragique, et un montage de type cinématographique fait se télescoper les béances et surgissements qui animent le théâtre hétérogène des espaces et des images mentales qui en découle. Créée au terme d’une résidence au CNDC d’Angers, cette pièce fut retenue comme un moment essentiel de la chorégraphie contemporaine.


enregistré en 1992


chorégraphie Catherine Diverrès

interprétation Lluis Ayet Puigarnau, Thierry Baë, Fabrice Dasse, Katja Fleig, Olivier Gelpe, Anne Koren, Vera Mantero, Bernardo Montet, Marie-Hélène Mortureux, Rita Quaglia, Giuseppe Scaramella

lumières Pierre-Yves Lohier

voix Kazuo Ohno, Anne Koren, Vladimir Jankelevitch

costumes Cidalia Da Costa, assistée de Manon Martin

masques Daniel Cendron

scénographie Jean Haas, assisté de Jacques Bourgoin

cinéaste Téo Hernandez

régie générale Luc Tramier

régisseur son Denis Gambiez

régisseur plateau Frédéric Richard

coproduction CNDC Angers, Théâtre de la Ville, commande du Centre de production chorégraphique – Orléans, Théâtre national de la danse et de l'image – Châteauvallon,  Studio DM