Danse-escalade

 

[extrait]

 

Qu’ils soient historiques, esthétiques, techniques, disciplinaires, l’une des caractéristiques de la Nouvelle danse française, dans son mouvement d’inventions des années 80, fut de ne s’interdire aucun terrain d’exploration. La danse escalade en fit partie. On la dit aussi danse verticale. Cela la détache nettement d’une perspective sportive, et la rapproche de ses enjeux proprement chorégraphiques.

 

Au traditionnel rapport au sol, au plan horizontal, dont l’exploration est un fondement de la démarche contemporaine en danse, la danse verticale substitue la confrontation à un plan vertical. Si cette donnée requiert des capacités techniques absolument spécifiques, l’intention n’en demeure pas moins artistique et ce sont les gammes d’expressivité corporelle en lien aux paramètres spatiaux et temporels – qualités d’engagement, gestion pondérale, rythmicité, modulation des flux, musicalité, etc – qui sont à ré-envisager.

 

Un engouement certain entoura ces nouvelles pratiques, qui ménagèrent aussi des ponts vers les arts du cirque quand ceux-ci envisagèrent leur hybridation avec l’art chorégraphique. Bruno Dizien et Laura De Nercy sont alors en train de créer la compagnie Roc in Lichen, et de partager leurs explorations avec le célèbre grimpeur Patrick Bérhault. Ils animent conjointement un grand stage en septembre 1986, à l’invitation du CNDC dans le cadre des Quartiers d’été (ici à l’écran). Puis en 1988, une résidence de création débouchera sur la création de la grande pièce Rosalinine, déterminante pour tout ce courant.

 

 

enregistré en 1986

 

interprétation Bruno Dizien

 

production CNDC Angers