Atelier 1979

 

De 1978 à 1981, soixante jeunes Français bénéficient de l’enseignement dispensé au sein du Centre national de danse contemporaine (CNDC) d’Angers, alors dirigé par le chorégraphe américain Alwin Nikolais. De son œuvre, on a retenu les grandes pièces fantasmagoriques, dont il façonne, en artisan-magicien, toutes les composantes chorégraphiques, mais aussi lumineuses, sonores et scénographiques. Mais la critique savante finira par minorer l’apport de cette esthétique, au regard de la révolution conceptuelle engagée par ailleurs par Cage et Cunningham.

 

Or à Angers, Alwin Nikolais et ses assistants se consacrent à leur pédagogie avant toute chose. Très élaborée, celle-ci recourt essentiellement à l’improvisation et à l’auto-observation, tant conceptuelle que ressentie, de principes d’écriture du geste. En fin de semaine, les stagiaires restituent les résultats de leurs recherches. Ici Philippe Priasso illustre, comme à livre ouvert, le concept de décentralisation. Le corps n’est pas organisé autour d’un centre unique, le danseur choisit à tout instant de déplacer le centre fictionnaire de son mouvement dans toutes parties du corps. Ce concept, fondamental, a une résonnance philosophique autant que purement physique.

 

 

enregistré le 23 mai 1979 au sous-sol du Théâtre municipal d'Angers

 

danseurs-stagiaires du CNDC (par ordre d'apparition) Marcia Arantès Barcellos et Agnès David, Philippe Priasso, Patrice Grimout, Louis Ziegler, Anne Carrié, Marcia Arantès Barcellos, Nathalie Curriallet, Marie Petit, Pascale Raygasse et Louis Ziegler, Emmanuelle Baudry et Véronique Bauer