A Vida Enorme/épisode 1

conception Emmanuelle Huynh

créée en 2003

A Vida Enorme/épisode 1 est un duo constitué de deux parties distinctes et pensé comme un film dont la bande son et l’image sont séparées et présentées à la suite l’une de l’autre. La première partie, la bande sonore, est un dialogue entre un homme et une femme qui s’adressent l’un à l’autre depuis deux poèmes du portugais Herberto Helder. L’espace de « situation » (la rue, la chambre) entre dans cette poésie « samplée » en français et en portugais.

Une deuxième couche sonore, rock, vient régulièrement écraser le pseudo réalisme de la première. Ce geste sonore est un mouvement qui dessine un horizon commun aux deux protagonistes à la façon d’un refrain.

L’homme et la femme viennent ensuite inscrire leur présence sur le plateau en deux parcours autonomes qui se conjuguent parfois. Leur physicalité, tour à tour brute et vacillante, imprime son propre récit.

J’ai eu envie de faire travailler les couches délibérément séparées du son et de l’image, celles superposées de la poésie physique et spirituelle de Helder et l’utopie rock de Bowie et celles juxtaposées du découpage opéré pour la langue puis par les corps.

A Vida Enorme/épisode 1 tente un récit dispersé en utilisant les outils cinématographiques tirés vers la scène du spectacle vivant sans qu’il y ait à proprement parler d’image (projetée) sur la plateau, récit dans lequel la langue et le corps célèbrent la chair du monde et son opacité.

 

A Vida Enorme/épisode 1 is a work thought as a film which sound track and image are separate from each other and offered to the spectator one after the other. The first part (the sound track), is a dialogue between a man and a woman. Both of them speak to each other from poems of the Portuguese Herberto Helder. The place from which they speak (the street, the bedroom) enters the poetry “sampled” in French and Portuguese.

Flashes from David Bowie 's Heroes are broadcasted from time to time, crushing the first sound track. This sound gesture is a movement that forms a common horizon for the two protagonists, like a refrain.

The man and the woman come next and inscribe their presence on the stage in two autonomous ways that sometimes combine to each other. Their physical weightiness is alternately crude and unsteady and imprints its own story.

I wanted to have different strata work together : the separate strata of sound and image, the superposed strata of the physical and spiritual poetry of Helder and of the rock utopia of Bowie, and the juxtaposed strata of the cutting made for the language and then by the bodies.

A Vida Enorme/épisode 1 tries and creates a scattered story, using the cinematographic tools conveyed to the stage and yet without any image projected. In this story the language and the body celebrate the flesh of the world and its opacity.

Emmanuelle Huynh


texte Herberto Helder (La Cuiller dans la bouche, Du Monde, éditions La Différence)
danse Catherine Legrand et Nuno Bizzaro
lumières Yves Godin
diffusion sonore Christophe Vignon
bande-son Sandy Notarianni
voix Emmanuelle Huynh et Nuno Bizzaro
accompagnement du texte Jean-Paul Quéinnec
maquillage Catherine Confortes.

Production Compagnie Múa ; coproductions : Bonlieu - scène nationale d’Annecy, Festival d’Automne à Paris, Les Spectacles vivants - Centre Pompidou, Centre chorégraphique national de Montpellier Languedoc-Roussillon, Centre chorégraphique national de Tours ; avec le soutien de la Métive - lieu de résidence et de création pluridisciplinaire en Creuse, du Quartz - scène nationale de Brest, du studio 82 - Marie Coquil à Brest, de la Ménagerie de Verre à Paris, Christian Sébille (Césarée).
(A Vida Enorme/épisode 1 s’est appuyé sur les pistes artistiques de A Vida Enorme/performance créée en juin 2002 à la Villa Gillet, Lyon. Production compagnie Múa ; coproduction Entre cour et jardins - Dijon, Centre chorégraphique national de Montpellier Languedoc-Roussillon, La Villa Gillet - Lyon).

durée 60’