Emmanuelle Huynh - biographie

Née en 1963, Emmanuelle Huynh a fait des études de philosophie et de danse. Après avoir été interprète auprès de Nathalie Collantes, Hervé Robbe, Odile Duboc, Catherine Contour, le Quatuor Knust, elle bénéficie en 1994 d’une bourse Villa Médicis hors-les-murs pour un projet au Viêt-nam, et crée à son retour, son premier opus : le solo Múa, avec l’éclairagiste Yves Godin et le compositeur Kasper T.Toeplitz. La création de Múa place d’emblée la collaboration avec des artistes de champs différents au cœur de son travail.

Elle poursuit ainsi son travail chorégraphique avec des projets allant à la rencontre de praticiens issus de champs disciplinaires des plus variés : l’astrophysicien Thierry Foglizzo expliquant sa recherche sur les trous noirs aux côtés de six danseurs pour Distribution en cours en 2000, les plasticiens Erik Dietman pour la performance Le modèle modèle, modèle ; Frédéric Lormeau pour Vasque fontaine/partition Nord ; Fabien Lerat pour Visite guidée/vos questions sont des actes ; Nicolas Floc’h pour Bord, tentative pour corps, textes et tables en 2001 ; Numéro en 2002 ; La Feuille en 2005 ;  Jocelyn Cottencin pour Cribles en 2009.

Elle crée plusieurs spectacles à partir d’œuvres littéraires : Bord, tentative pour corps, textes et tables projet chorégraphique sur des textes de Christophe Tarkos et A Vida Enorme/épisode 1, duo à partir de textes du poète portugais Herberto Helder (2003).
Emmanuelle Huynh élabore des écritures chorégraphiques qui se renouvellent sans cesse, propres à chaque projet. Dans Heroes (2005) pièce pour sept danseurs et un musicien, elle met en scène les figures héroïques de notre enfance ; Le Grand Dehors, conte pour aujourd’hui, créé en 2007, s’est attaché aux « danses perdues », danses que l’on abandonne durant un travail chorégraphique, et qui témoignent cependant d’un état du monde.

En 2009, Emmanuelle Huynh concrétise un projet atypique de collaboration avec la maîtresse Ikebana Seiho Okudaira : dans Shinbaï, le vol de l’âme, Ikebana – l’art floral japonais –  et danse se répondent, donnant lieu à la création performée d’un « rikka » (bouquet).
Son intérêt pour le Japon et les artistes japonais l’avait déjà amené en 2008 à chorégraphier le duo Futago (« Jumelle » en japonais) dans le cadre de Monster Project, dialogue d’écritures chorégraphiques créé à Kyoto avec le chorégraphe japonais Kosei Sakamoto, sur le thème du monstre. Spiel, duo avec le performeur japonais Akira Kasai, donne lieu à une première étape de travail au festival extra à Bonlieu en avril 2011, puis aux studios Morishita à Tokyo en octobre et a été présenté à la Maison folie de Mons en Belgique en février 2012 et sera présenté à Latitudes contemporaines à Lille le 8 juin et à la Maison du Japon dans le cadre du Festival d’Automne à Paris du 25 au 27 octobre 2012.

En 2009, la création de Cribles au festival Montpellier Danse introduit un nouveau rapport à la musique dans le travail de la chorégraphe : la partition Persephassa (1969) de Iannis Xenakis devient le principal protagoniste de la pièce, avec les 11 danseurs ; la version Cribles/live en 2010 avec les musiciens des Percussions Rhizome approfondit davantage encore ce rapport danseurs /musiciens partageant le même espace, les musiciens entourant le public, selon la pensée de Xenakis.

Emmanuelle Huynh développe depuis une quinzaine d’années un travail pédagogique en direction des écoles d’art et des lieux de formation pour danseurs, sous forme d’ateliers ou au sein de lieux de formation pour danseurs, comme par exemple ex.e.r.ce au centre chorégraphique national de Montpellier. Elle a organisé plusieurs sessions de travail regroupant des artistes de champs différents : Hourvari, laboratoire instantané au Centre Pompidou en 2001, Edelweiss au CCN de Montpellier en 2003, Ligne d’arrivée dans le cadre de la résidence de la compagnie au Domaine départemental de Chamarande en 2004. Collaboratrice de la revue Nouvelles de Danse, elle a mené, depuis 1992, une série d'entretiens avec Trisha Brown, qui seront publiés en 2012 aux éditions Les Presses du réel.
Emmanuelle Huynh propose des performances dans des musées. En juillet 2004, elle est directrice artistique du festival Istanbul Danse, projet de coopération entre artistes turcs et artistes français regroupant tout à la fois diffusion, pédagogie et débats. Elle refond le projet pédagogique de l’École supérieure du CNDC Angers à son arrivée à sa direction en 2004 : elle y a crée notamment la formation d’auteur Essais, aujourd’hui « master danse, création, performance », en partenariat avec l’université Paris 8 Saint-Denis et l’École Supérieure des Beaux-Arts Tours Angers Le Mans - site d'Angers. Elle y accompagne ainsi les artistes émergents, notamment avec le festival Schools, dont la deuxième édition a eu lieu à Angers en juin 2011.

Depuis février 2004, Emmanuelle Huynh est directrice du Centre national de danse contemporaine d’Angers (CNDC), elle y met en œuvre son projet pour ce centre chorégraphique national qui est aussi une école supérieure exclusivement dévolue à la danse contemporaine. Les deux formations de l’école sont destinées à de jeunes artistes chorégraphiques, interprètes (Formation d’artiste chorégraphique) et auteurs (Essais). Le projet artistique du CNDC se déploie autour des cinq missions : création, résidences d’artistes, programmation de la saison danse au Quai, forum des arts vivants à Angers, l’École supérieure de danse contemporaine et l’activité du service éducatif et des publics.