Marie-Laure Agrapart

Little Nemo in Slumberland titre provisoire

Little Nemo in Slumberland

 

Créé en 1905 par Winsor McCay, Little Nemo reste l’un des personnages cultes de la bande dessinée mondiale. Chaque semaine Little Nemo s'évade en rêve dans un monde fantastique : Slumberland.

 

Publiées pour la première fois dans le New York Herald sous le titre Little Nemo in Slumberland, les aventures du héros obéissent à une règle immuable : le garçon s'endort, il est entraîné en rêve dans des aventures fabuleuses, il tombe de son lit à la dernière image et se réveille en sursaut.

Inspirées du style Art Nouveau, les planches sont de véritables chefs-d'oeuvre aux architectures insolites, au graphisme soigné et au scénario empreint d'une grande poésie. Slumberland signifie « le pays du sommeil » en anglais. Ce pays imaginaire est habité d'étranges créatures, d'humains et d'animaux vivant dans des décors oniriques à l'architecture Art Nouveau. La plupart du temps, le peuple de Slumberland passe son temps à faire la fête, à rendre hommage à son vénérable roi Morphée, ou encore à se plaindre du facétieux Flip. La taille de Slumberland semble extensible au gré des aventures qui pourraient être interminables à ceci près que chaque matin Nemo devra retourner à la dure réalité...


D’après cette oeuvre gigantesque et fantastique, j’aimerais parler et explorer le monde du rêve, sa dimension poétique, sans chercher à suivre ou raconter la totalité du livre. Il s'agirait d'une adaptation libre.

Rêver nous est-il encore autorisé de rêver, de nous échapper vers des imaginaires suspendus dans le temps alors que nos modes de vie citadins et structures socio-économiques nous poussent à la frénésie, à l'accélération, à la consommation à chaque instant. Que nous évoque le rêve? Le monde de l'enfance, de l'imaginaire, du fantastique, de l'insolite, d'un espace de liberté, de la transgression.

Au-delà des aventures vécues par Little Nemo dans son sommeil, cette pièce serait le prétexte pour nous raconter l'imagerie de l'enfance, d'une enfance enfouie. Comment réveiller ce monde perdu mais qui sommeille en chacun de nous et tout au long de notre vie.

J'éprouve le désir de rentrer dans ce temps de nos nuits pour raconter un imaginaire collectif entre rêve et enfance. En convoquant la notion de jeu, la rencontre insolite, c'est imaginer le monde de l'enfance comme une aventure romanesque traitée avec tendresse, humour, espièglerie, fantaisie et une dimension d'étrangeté liée à la notion de fantastique, l'évocation d'un univers fantasmagorique.

Pour rendre compte de cet univers, la scénographique occupera une place importante. Une collaboration artistique avec un scénographe sera recherchée. D'un point de vue du processus artistique, il s'agira d'articuler les arts plastiques avec la danse.

Pourquoi avoir choisi cette bande dessinée ?

Au delà de l'intérêt que j'ai pour cette histoire, c'est la structure de la BD qui a attiré mon attention. De quelle manière traduire une structuration spécifique liée à un genre qui est la BD et la transposer très librement dans une pièce chorégraphique. Prendre comme matériau de départ une oeuvre visuelle et graphique préexistante pour en extraire les éléments fondamentaux propres à l'écriture d'un spectacle vivant tout en préservant la notion de conte, de graphisme et d'épisodes de cette BD. Après avoir beaucoup travaillé l'articulation danse et musique dans mes précédentes pièces, je cherche aujourd'hui à me confronter à l'univers de la BD et du conte.