Groupe Entorse

Hantologie N 48° 26’ 7.149’’ - E 0° 5’ 46.008’’ création 2014

Hantologie/Révolution

Une création du Groupe Entorse
Pièce chorégraphique pour deux danseurs, deux musiciens et un créateur lumière

HANTOLOGIE est une cérémonie, un spectacle/rite, au cours duquel les spectateurs comme les performers seront amenés à intervenir.

HANTOLOGIE est une cérémonie moderne basée sur un principe archéologique au cours duquel les spectateurs comme les acteurs sont au coeur d’un dispositif déambulatoire. En imaginant déterrer les restes d’un théâtre, le collectif tente une reconstitution de ce rite particulier qu’est le spectacle vivant. L’occasion de revisiter les codes de la représentation théâtrale et d’en inventer d’autres, comme autant de règles d’un jeu partagé avec le public.

Danse : Samuel Lefeuvre / Florencia Demestri
Musique : Raphaëlle Latini / Mathias Delplanque
Lumière : Nicolas Olivier Game designer : Manuel Rozoy
Coach vocal : Valérie Joly

Une production du groupe ENTORSE (FR) et LOG asbl (BE)

Ce projet bénéficie du soutien de la DRAC de Basse-Normandie, du Conseil Régional de Basse Normandie, du Conseil Général du Calvados et de la Ville de Caen.

Coproduction: Scène Nationale 61 (FR), Atelier de Paris-Carolyn Carlson (FR), Charleroi Danses (BE), Le Relais Culturel Régional du Pays de Falaise (FR), Centre chorégraphique de la Fédération Wallonie-Bruxelles (BE), Théâtre de la Balsamine – Bruxelles (BE), The POINT – Eastleigh (UK), CNDC Angers (FR), LE CENTQUATRE - PARIS (FR)

Administration : Les Indépendances www.groupentorse.com

 

Nous voulons remettre en jeu notre idée de la représentation spectaculaire.

Quel regard porterions-nous sur notre façon de créer des spectacles si on en déterrait les restes dans plusieurs centaines d’années ?

Quels objets seraient amenés à refaire surface ? Quels codes ? Quels rôles ?

Et comment pourraient-ils être remis en scène ? Quels nouveaux sens seraient alors mis en évidence ?

Nous souhaitons aussi proposer au public une expérience différente, en redéfinissant la nature de sa participation. De quelle manière les spectateurs peuvent-ils devenir acteurs ? Comment amener le spectateur-acteur à agir ? Comment lui faire comprendre quelque chose en temps réel, suggérer une nécessité d’action ? Quel risque prenons-nous si le déroulement du spectacle dépend entièrement de la participation du spectateur ?

Avec l’aide d’un concepteur de jeu, habitué à inventer des règles de jeux de sociétés nous rechercherons et appliquerons pour ce rituel des règles du jeu précises.

Nous allons, par exemple, travailler à partir des archives sonores et visuelles des théâtres dans lesquels nous sommes amenés à présenter ce spectacle. Ainsi quand un lieu nous invite, nous lui demandons de mettre à notre disposition les archives sonores et visuelles dont il dispose: captations de spectacles, conférences, répétitions… Ces archives nourrissent une banque constituant l’une des matière première de la création sonore et lumineuse de notre spectacle.

Chaque représentation est donc unique, dans la mesure où notre matériau de base est à chaque fois spécifique au lieu qui l’accueille.

CHOREGRAPHIE

Afin de questionner le rite, nous aborderons les notions de transe et de possession, en les confrontant à des mouvements issus à la fois d’une mémoire chorégraphique collective et des codes de la représentation théâtrale (mouvements d’acteurs, de danseurs, mais aussi du personnel d’accueil du théâtre, des techniciens…)

transe > Travail sur la répétition, les boucles de mouvements. Chercher des actions à répéter qui peuvent à la longue faire rentrer les interprètes dans un état second, et créer un lien avec les spectateurs par le biais de l’empathie kinétique, phénomène selon lequel un mouvement, un état perçu, influence le spectateur au-delà de la propre perception visuelle, mais engage aussi chez lui une action physique, même infime, une résonance. À travers le travail de répétition d’une action, observer le phénomène de transformation : épuisement de l’interprète, de la forme elle-même. Chercher les transformations naturelles du mouvement et les manipulations possibles. Trouver des moyens de faire circuler ces états de transe d’un acteur à l’autre, ou d’un acteur à un groupe, comme un phénomène de contagion.

possession > La possession comme un état porteur de bruit, de désordre. Un aspect plus théâtral. Qu’est-ce qu’être possédé ? quelle part de lâcher-prise, quelle part de volonté ? quelle part de conscience ? quelle part de mascarade ? sortir de son statut social habituel pour porter plus. Se charger. D’énergie, d’une présence, d’un message. Se placer comme un catalyseur de forces, d’événements environnants.

poubelle chorégraphique / déchets chorégraphiques > Nous voulons aborder ce que nous considérons comme des gestes morts ou désuets, de vieux mouvements mais aussi des gestes que nous nous interdisons de reproduire, des gestes iconiques de l’Histoire de la Danse qu’on s’interdit par peur de la référence ou tout simplement des gestes qui nous hante pour des raisons personnelles. Nous développerons un personnage qui, comme l’ancêtre de l’arlequin portait des lambeaux de tout ce qu’il pouvait ramasser, évoluera seulement à travers des mouvements déjà vus, codifiés, une sorte d’HARLEQUIN CHOREGRAPHIQUE PRIMITIF où toutes les références possibles seront mélangées jusqu’à créer une boue chorégraphique d’où émergera par moments une figure reconnaissable, issue de notre passé chorégraphique, piochant dans l’Histoire de la Danse, savante ou populaire.

participation du public > L’idée d’amener le public à participer au spectacle nous questionne sur la notion de transmission. Transmission de systèmes d’interaction, transmission de matériel chorégraphique, transmission aussi du désir de partager une expérience interactive forte, avec l’enjeu, la prise de risque que cela implique pour les deux parties. Au delà de la façon donc chaque acteur pourra aborder les spectateurs présents, nous voulons former un groupe de figurants, qui se mêlerait au public, une sorte de pont entre les acteurs et les spectateurs qui faciliterait la contagion des systèmes, des états ou pour aider à une certaine circulation. Au cours d’ateliers organisés auprès d’amateurs, nous sommes en train de développer un mode de circulation dans l’espace inspiré du OUIJA, «tablette parlante» souvent utilisée lors des séances de spiritisme.

MUSIQUE

Le travail sur les archives du lieu qui nous accueille consiste à créer, en temps réel, un effet de masse sonore, en les diffusant en simultané sur un système de diffusion en plusieurs points (multidiffusion). Voix, musiques, bruits en tous genres se mêlent et créent un effet de nuage sonore plus ou moins indistinct, duquel émergent par moments quelques détails identifiables: une phrase, une mélodie reconnaissable, un son récurrent etc… La création exploite également un autre type de sources plus liés à l’architecture du lieu. Des enregistrements effectués par nous-mêmes à l’intérieur des théâtres et que l’on pourrait qualifier d’enregistrements de silences. Récolter les sons du Théâtre, dans les couloirs, les caves, les coulisses, sur les plateaux déserts, en régie, nous enregistrons la vie des théâtres vidés de leurs occupants. Souffles, bruits de fond, sons parasites, voix lointaines, craquements, claquements de portes… Ces enregistrements portent l’empreinte des lieux où ils ont été effectués, de leur acoustique, leur volume etc… Cette matière sonore est destinée à se mêler aux sons d’archives dans la constitution de la masse sonore évoquée plus haut. Notre objectif est de travailler en direct cette matière sonore complexe, chargée et mouvante, de façon à en faire surgir des formes distinctes, des motifs lisibles, rythmiques ou mélodiques. Par un processus de mise en mémoire - mise en boucle en temps réel, nous donnons naissance à une structure musicale originale.

SCENOGRAPHIE / LUMIERE

Nous cherchons à créer un espace performatif modulable, partant de la situation de représentation traditionnelle pour évoluer au cours du spectacle vers un dispositif scénographique qui repositionnera le public et les interprètes. Déambulation du public dans le dispositif. Proximité. Contact. Interaction. Les archives visuelles du théâtre, comme le son, seront traitées en direct pendant la représentation. La lumière interprétera la vidéo. Le pixel est utilisé comme outil d’interprétation de l’archive. L’idée est de traiter ce pixel à des échelles différentes. De l’infiniment petit, tel que les technologies actuelles le permettent à l’infiniment grand, grâce à un contexte scénographique considérant le lieu de représentation comme étant lui-même l’un de ces pixels. Les outils actuels, tels que les LED, ou plus anciens tels que des moniteurs ou des télévisions seront également mis en jeu.